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panorama des systèmes

Systèmes

Systèmes politiques

Républiques à régime présidentiel ou parlementaire, Monarchies parlementaires, Républiques à parti unique, Monarchies constitutionnelles ou absolues, Dictatures, Régimes totalitaires.

Définition


Le système politique organise la conquête, l’exercice et la transmission du pouvoir au sein d’un #État-nation. Il répond à une autre question fondamentale : qui décide, au nom de qui, et comment le remplace-t-on ? C’est le système le plus visible, celui qui occupe l’essentiel de l’espace médiatique #Information, mais ce n’est pas nécessairement le plus puissant.

Un système politique repose sur trois piliers : la légitimité (pourquoi les gouvernés acceptent-ils d’obéir ?), les institutions (comment le pouvoir est-il organisé et limité ?) et la succession (comment passe-t-on d’un dirigeant à l’autre sans chaos ?). Quand l’un de ces trois piliers s’effondre, le système entre en crise.

Variantes

La démocratie libérale (élections libres, séparation des pouvoirs, État de droit) est le modèle dominant en Occident depuis 1945. Sous sa forme présidentielle (États-Unis) ou parlementaire (Royaume-Uni, Allemagne), elle a produit les sociétés les plus prospères et les plus libres de l’histoire. Mais elle est lente, fragile face à la démagogie, et suppose un niveau d’éducation et de confiance institutionnelle que toutes les sociétés ne possèdent pas.

La démocratie illibérale est la variante montante du XXIème siècle. Des dirigeants élus démocratiquement s’affranchissent progressivement de l’État de droit, musèlent la presse, affaiblissent la justice et instrumentalisent les #Religions ou le nationalisme. Hongrie, Turquie, Inde illustrent cette tendance. Les élections existent mais le jeu est biaisé. Ce modèle séduit car il promet de l’efficacité sans la lenteur démocratique.

Le régime autoritaire à parti unique (Chine, Vietnam, Singapour dans une moindre mesure) sacrifie les libertés politiques au nom de la stabilité et du développement économique. Le cas chinois est le plus spectaculaire : 800 millions de personnes sorties de la pauvreté en quarante ans, mais au prix d’une surveillance de masse, d’une absence totale de liberté d’expression et d’une fragilité structurelle liée à l’absence de mécanisme de correction : quand le parti se trompe, personne ne peut le dire.

Les monarchies subsistent sous des formes très variées : constitutionnelles et démocratiques (Royaume-Uni, Japon, Espagne), absolues (Arabie Saoudite), ou hybrides. Les monarchies du Golfe sont un cas fascinant : des systèmes politiques archaïques en apparence qui gèrent des économies ultramodernes adossées au pétrole #Énergie.

Les dictatures et régimes totalitaires n’ont pas disparu. Corée du Nord, Érythrée, Birmanie montrent que le pouvoir par la #Force brute reste possible au XXIème siècle, même si ces régimes sont généralement pauvres, isolés et instables sur longue durée.

Limites

Les grandes démocraties occidentales vieillissent mal. Plusieurs symptômes convergent :

Le court-termisme. Un cycle électoral de quatre ou cinq ans est incompatible avec des enjeux qui se déploient sur des décennies : transition énergétique, vieillissement démographique, dette publique. Les élus prennent des décisions pour être réélus, pas pour préparer l’avenir.

La gérontocratie. L’âge moyen des dirigeants occidentaux ne cesse d’augmenter. Biden avait 78 ans à son investiture, Trump 78 à sa seconde. Les parlements sont peuplés de professionnels de la politique qui n’ont souvent jamais exercé un autre métier. Le renouvellement des élites est en panne.

L’effondrement des partis politiques. Devenus des coquilles vides, de simples machines électorales, ils ont été supplantés dans leur rôle d’élaboration des idées par les lobbies, les think tanks et les réseaux sociaux. Le citoyen n’a plus de lieu intermédiaire pour penser collectivement.

La confrontation entre philosophie politique et idéologie politique résume la tension fondamentale. L’idéologie prétend détenir la vérité, faire programme et donner le sens, elle relève de la croyance. La philosophie politique s’attache à demeurer dans l’argumentation et le doute. Mais dans le brouhaha médiatique actuel, c’est l’idéologie qui l’emporte presque toujours car elle est plus simple à communiquer.

Interactions

Le système politique dépend du système économique pour financer les services publics, redistribuer les #Richesses et maintenir la paix sociale. Quand l’économie va mal, le système politique vacille. La République de Weimar n’a pas survécu à l’hyperinflation et au chômage de masse.

Il dépend du système intellectuel pour sa légitimité théorique. Les Lumières ont fondé la démocratie moderne. Le marxisme a fondé le communisme. Le néolibéralisme a reconfiguré les démocraties occidentales à partir des années 1980. Sans production intellectuelle, un système politique n’est qu’un rapport de #Force sans justification.

Et il dépend des #Cultures bien plus qu’il ne l’admet. La démocratie à l’occidentale n’est pas un modèle universel exportable partout. Elle est le produit d’une histoire spécifique (la Grèce antique, le christianisme, les Lumières, les révolutions) et fonctionne mal quand elle est plaquée sur des sociétés dont les #Us & Coutumes, les #Religions et les structures sociales reposent sur d’autres fondements. L’échec des tentatives d’exportation démocratique en Irak, en Libye ou en Afghanistan l’a douloureusement démontré.

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